Rennes / Montréal : Le Off de la Petite Imprimerie

Ici à Rennes, tout va bien.

La semaine passée est paru, sur le site de l’Imprimerie nocturne, l’entretien avec Benjamin Roux, qui nous parlait de la création de la Petite Imprimerie. Une association qui permet d’aider à la mise en forme et à la publication de contenu.

Quand je l’ai rencontré, c’était un mercredi en fin d’après-midi. Ici à Rennes, tout va bien, mais il n’y a pas que Rennes, à Rennes. À Rennes, il y a aussi la campagne, vraiment tout près, collée presque. Et donc à « Rennes », il y a aussi et surtout Saint-Germain-sur-Ille. Ô doux village !

Pour tout te dire, je ne suis peut-être pas objectif, mais j’y ai vécu. Et c’est là que se situe le sérénissime siège de la Petite Imprimerie. On croirait presque à la petite sœur de l’Imprimerie Nocturne, ne trouves-tu pas ? Encore ces filiations clientélo-franc-maçonnique.

Saint-Germain, c’est un petit village de pierre et d’ardoise, perché sur le haut d’une colline qui surplombe d’un côté la campagne verte et feuillue du nord de Rennes et de l’autre le canal qui coule ses eaux bien tranquillement. La route qui mène au village perché sillonne, serpente et monte bien raide… on y organisait les fameuses courses de montée dans le temps… ça avait été interdit hé bien voyez-vous que ça repart… À moto et tout le bazar, une fois par an, ça s’affronte pour monter jusqu’au village.

Bref. Ce qui intrigue dans ce village, c’est avant tout la population. imprimerieouvre-300x193Une quantité incroyable de jeunes y ont trouvé refuge. De jeunes mais aussi d’associations. On va trouver la Compagnie Ocus, la fameuse compagnie de théâtre qui a planté son chapiteau en contrebas du village. Et puis tout un tas d’initiatives collectives, participatives. Une sorte de petite vie qui s’organise autour de valeurs communes. Quand j’ai débarqué, j’ai cru rêver… le voilà le village où je veux vivre que je me suis dit. Manque de pot j’ai dû partir, mais si j’avais pu je serais resté et je m’en va te dire que si j’ai l’occasion j’y retourne dare-dare.

Ben, pour Benjamin Roux, c’est un gars pas mal engagé dans le village, avec Marion, sa copine. C’est un gars pas mal engagé tout court. Moi, le mec, il m’a fasciné dès le début, dès le premier jour où je l’ai rencontré. Tu veux que je te raconte ? Oui ? Ok, vite fait alors.

J’avais le pouce levé, pas loin du centre Alma, direction Nantes. Pouce levé et pancarte avec marqué dessus Bordeaux. J’ai pas attendu 20 minutes qu’un camtar s’est arrêté. Il faisait beau et chaud et j’ai souri tout haut quand j’ai vu une jeune brune ouvrir la porte pour me dire qu’ils me prenaient. C’était Marion. Au volant, y avait Ben. On a causé sans s’arrêter jusqu’à Bordeaux. Après, moi, je continuais jusqu’à Agen pour aller voir des potes. Et j’habitais déjà à Saint-Germain, et eux avaient plein de potes là-bas et ils comptaient aller y vivre très vite. On s’est revus deux mois plus tard. À peine. À Saint-Germain.

Le gars pour faire court, il avait retapé son camtar tout seul. Il touchait donc un peu l’électricité, enfin il avait appris comme un grand, tout seul. Il avait travaillé à La Vie Enchantiée, ce bar coopératif. Tu vois ? Il n’existe plus, mais c’était quelque chose. Il bossait déjà sur les questions des initiatives collectives, communes, partagées. Je te raconte pas tout ce qu’il fait hein, t’aurais le tournis. Le type m’a fasciné et je l’ai tout de suite aimé. On s’est fait des boustifailles, ils nous ont présenté leurs potes de Saint-Germain et tout ça, on s’est fait des soirées jeux de société, etc. Moi, ce petit village, j’y serais bien resté. M’est avis qu’il est possible là-bas de réaliser une partie de notre idéal. Soit !

Lorsque je suis allé pour l’interroger, j’ai débarqué dans le village, petite pointe nostalgique, à la vue des vieilles pierres et des belles maisons anciennes.

On s’est installé dans le jardin. Les poules à côté. Un chat qui surveillait la bonne tenue des questions que je posais à son maitre. « Ni Dieu, Ni Maitre » m’a-t-il gueulé… le chat, oui oui. J’ai baissé le regard.

J’ai posé les questions. On a bu une bière. Puis deux. On a grignoté un truc sans gluten vraiment excellent concocté par Marion. J’ai éteint le dictaphone. J’ai ce qu’il faut, lui ai-je lancé. Et on a passé une excellente soirée. Mais le chat continuait de me foutre les chocottes. Je ne voulais pas lui manquer de respect, vois-tu.

Alors je l’ai caressé. Il a fait rrrrrron rrrrrron, et a planté ses yeux dans les miens, l’air de dire « te plante pas avec cette interview mon gars ». J’ai promis que non.  Et lui de rajouter : « Ne parle pas de moi dans ton machin hein ? », j’ai fait non.

Saint-Germain c’est exactement l’endroit où j’ai envie de réaliser mon idéal

Quand on est partis, j’ai eu un autre pincement au cœur. Avant, il nous suffisait de marcher quelques mètres pour rentrer chez nous. Désormais, c’est la voiture sur plusieurs dizaines de kilomètres. Et mince, non seulement les projets de ce gars et de toutes les personnes actives à Saint-Germain sont excellents, mais en plus, c’est exactement l’endroit où j’ai envie de réaliser mon idéal.

Alors ce que je dis MAN, c’est : « qu’est-ce qu’on attend ? Hein ? »

Et ce que je me dis d’autre aussi, c’est : « Franchement, avec des mecs comme ça, ici à Rennes, tout va bien ».

Ici à Rennes, tout va… putain merde le chat est là…

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