Rennes/Montréal : épisode 4

Ici au Québec tout va bien.

Il y a un chien dans ma rue. Tous les jours, il reste assis à la même place. Visiblement, la bête guette quelque chose.

Lundi :

Il est 16h, fait chaud ici. Devant moi une femme, petite, repose sa tête sur l’épaule de son gars. Les deux attendent ; ils se ressemblent je trouve. Peut-être sont-ils d’origine mexicaine. Immigrés ici, c’est probable. Le type doit jouer de la musique, je le vois battre en rythme. Je me demande si c’est son frère ou son ami, tout de même. J’opte pour la seconde option. Je regarde le plafond, je continue de taper du pied moi aussi.

Un mec s’assoit derrière eux. Un ado, grand au teint pâle. Son père l’accompagne, son oncle peut-être ? Il a les traits marqués. Il doit travailler en extérieur. Dans un garage ou dans un atelier sinon. Je l’imagine faire un boulot manuel. Je peux me tromper. Il y a cette femme aussi, la peau mate et les cheveux sombres. Elle porte des lunettes à large monture, et s’habille avec une certaine élégance. Métisse, mais métisse d’où ? Québéco-marocaine ? Pas sûr non. Elle ne cesse de fixer le  plafond derrière moi. De temps à autre, elle ondule ses cheveux et esquisse quelques mouvements de langue. Suggestifs, il me semble. Je me reconcentre. À ma droite, il passe un épisode de Mon petit poney. Ça calme. Qu’est-ce que cela vient faire là au juste ?

Tout le monde relève la tête. Tout le monde la rabaisse. La petite nana et son bonhomme prennent leurs sacs, et amorcent le pas. Au fond, les deux agents de sécurité ont l’air de s’emmerder. Tout le monde lève de nouveau la tête. Un type se met debout. Assis devant moi, il lisait son bouquin, je ne l’avais pas vu. Depuis quand il y a de la bagarre dans les épisodes de Mon petit poney ? Le style graphique fait très américano-japonais. Les traits épais des personnages, l’animation nerveuse. Il n’y a pas de son, je pipe que dalle. Ça parle de concours culinaire on dirait, quelque chose du genre. Je ne vois pas où cela veut en venir. La nana continue de remuer sa langue. Je me demande ce qu’elle fiche là, cette télé.

Je ne suis pas amateur de ces atmosphères. Ces néons agressifs, cette ambiance artificielle. Dingue comme la lumière change tout. Là ça parait faux, glauque aussi. Les rangs se dispersent enfin. Ceux qui restent lisent leur livre, consultent leur portable ou regardent le plafond. J’arrête ma musique, trop pêchue. « The Noisette« , ça ne colle pas au décor. Reste que ça me fait sourire.

Tout le monde relève encore la tête. Le panneau sonne : numéro 566, box numéro 3. Voilà mon tour. Je prends mes affaires, je regarde, je ne trouve pas. J’ai l’air d’un con planté comme ça, faut que je me décide. Trente minutes que je suis là, je n’ai pas pensé à repérer les lieux. Maudit con. Ah oui, juste en face. La dame de l’assurance-maladie m’attend. La cinquantaine, les cheveux blonds, l’air sympa, de grosses lunettes elle aussi. Ça me taraude, cette histoire. Faut que je lui demande pour Mon petit poney.

Mardi :

Saleté de chien. C’est lui qui colorie la rue comme ça ? Il n’arrête pas de me fixer. Il n’a pas l’air méchant, tu me diras. Enfin, il a pas l’air malin non plus. Quelle race c’est au juste ? Il est spécial, ce clebs. Je préfère les chats, moi.

Si un jour on se motive à faire un « Rade-trip Québec », je te montrerai ce quartier. Cela ne se fera pas tout de suite, je sais bien. Les prochains mois risquent d’être chargés de ton côté, pas vrai ? Comment va d’ailleurs ?

Si un jour vous passez, je vous montrerai cette partie de la ville. On est encore dans l’arrondissement Mont-Royal, à ce qu’il parait. À sa limite en tout cas. Il y a moins de Français, je ne trouve pas ça plus mal.

Je continue ma route vers l’épicerie du coin. Faut que j’achète des clopes, peut-être des bières aussi. On ne va pas « à l’arabe » au Québec. Ici, les épiceries sont souvent tenues par des Chinois. J’aime bien causer avec les gérants de dépanneurs de mon quartier. Tailler la bavette avec eux. Il y a des histoires tristes parfois. Comme partout tu me diras.

Le « Chinois » de mon ancien quartier était biologiste, si mes souvenirs sont bons. Il n’avait jamais pu exercer au Québec. Et finalement, il avait pris ce commerce. Des années plus tard, il se retrouvait coincé derrière son comptoir, entre les clopes, les chips et les bouteilles de bières. Ce qu’il mettait de côté me disait-il, c’était pour ses enfants. Pour payer leurs études. Lui et sa femme se sacrifiaient, je pense. Pas sûr qu’ils referaient pareil s’ils avaient le choix. Peut-être me dirai-je la même chose d’ici quelques années.

Mercredi :

Ici au Québec, tout va bien.

Encore ces éclairages artificiels. Ça me stress. Me revoilà au Couche-Tard, autre épicerie, autre style. Celle-ci, j’y ai bossé. « La pire place de tout le Canada ! » voilà ce que me racontaient les clients à l’époque. Bien du mal à croire ça. Jamais eu de vrais problèmes. Certes, il y avait des braquages de temps à autre. Quelques semaines avant que j’y travaille, un collègue avait vu un gun d’assez près.

Je me souviens maintenant. Cette petite peur au ventre, avant de partir bosser. Une fois au comptoir, ça passait. Par chance, je n’ai jamais eu de braquage. Pas au Couche-Tard, en tout cas.

Parfois la nuit, il m’arrivait de fermer le magasin pendant vingt minutes. Je partais m’en griller une, je marchais un peu. Dehors au loin, il arrivait que je voie des clients sonner pour qu’on leur ouvre la porte. Des fois je me pressais, des fois non. J’attendais qu’ils se découragent, puis je revenais tranquillement.

Aujourd’hui, la boutique a changé. Il n’y a plus ces lianes en plastique qui pendaient çà et là. Ils ont fait place neuve désormais. Alcool, tabac, sucre, sel, gras : deux fois plus de cochonneries qu’auparavant. Rien de bon pour la santé, si l’on regarde sous cet angle. Pensé pour être efficace surtout. Pour générer un maximum de fric. Je recroise un ancien collègue, on discute cinq minutes. Il préférait avant lui aussi. Pas sûr que c’était mieux pourtant. Juste un peu différent.

Jeudi :

Le chien a un copain. Un chat qui, de sa fenêtre, me regarde traverser la rue. Curieux tout de même, ce chien immobile sur son palier et ce chat à côté de lui. Le chat contrôle le chien, si tu veux mon avis. C’est son robot personnel. Il l’envoie à la baston dès qu’un intrus monte les marches. Je verrais bien un chat faire ça. J’essayerai de monter la prochaine fois. Enfin, si j’ai le courage.

Retour à l’épicerie de quartier. J’apprends à connaitre mon nouveau dépanneur. Pas bavard, l’animal. Toute la journée, il laisse tourner des émissions du pays. Je ne comprends pas un traître mot de ce qui se raconte. Pour passer le temps, je regarde les bibelots alignés dans sa vitrine. 11018726_10204666528077900_6232522866323696495_o-(2)Une cinquantaine de petits bonhommes colorés qui remuent la tête en cadence. Ça marche à l’énergie solaire, m’explique-t-il. Sûr qu’à la neige, ça fonctionnerait moins bien. Des gamins de son pays ont certainement construit ces jouets. D’autres ici, y joueront pour à peine dix dollars. Tout un salaire. C’est du patriotisme chinois, je me dis. On nous tannait bien avec le « Made in France« .

Vendredi :

Je suis allé causer au chien. Il ne m’a pas répondu, il me trouvait trop saoul, je crois. Je voulais juste savoir d’où il venait. Salaud de snob. La prochaine fois je viendrai avec mon propre robot !

Tu penses que l’on est bourré pareil au Québec et en Bretagne ? La question se pose. Il est 01h17 du matin, j’écris ces lignes. Je suis cuit, mes amis me manquent. Tu sais, lorsque tu fais silence, tu ressens le cœur des gens que tu aimes. À cela la distance ne fait rien. Mes amis me manquent, je disais. Ils savent je pense. Ça parait con, mais où que l’on aille dans cet univers, l’on porte toujours les autres en soi.

Du coup, j’essaye de ressentir ces choses-là. Et de ne pas vomir aussi.

Dimanche :

Il y a eu un saut temporel. Aujourd’hui on perd une heure. Elle s’en va où d’ailleurs ? Tu crois que les heures qu’on sacrifie, se réunissent quelque part ? Qu’elles ont leur petite île sur l’océan, leur coin à elles, où elles dépensent leurs minutes à boire des shoots, tout en se chronométrant ? Peut-être un jour, reviendront-elles se venger, qui sait ? Nous imposer une semaine, de temps en moins. Si c’est pendant la Coupe du monde, il y en a qui seront colère.10911292_10204666527037874_2817470554682423183_o (2)

Pourquoi je pense à des choses comme ça ? Le jour tombe plus tard, voilà pourquoi je pense à ça. La lumière, ça change tout. Je me balade dehors. Une nouvelle fois, je vois le chien et son pote le chat. L’un derrière la fenêtre, l’autre immobile à son balcon. Il y a toujours cette énigmatique loupiote rouge au-dessus de la tête du clébard. On se croirait dans Twin Peaks.

Voilà que je me rappelle. J’avais oublié de te dire quelle était la race du chien. J’étais trop saoul, excuse-moi. C’est un « Made in China« , mais il n’est pas croisé.

Ici au Québec, tout va bien.

 Quelles nouvelles du pays ?

Ici en France, tout va bien.

Le soleil est revenu dans l’Hexagone. Les rues se sont baignées de lumière toute la fin de semaine et tout le week-end. La fin de semaine et le week-end chez toi c’est la même chose si je me souviens bien. De jeudi à dimanche du soleil quoi ! Comme un air de printemps. Les terrasses étaient pleines. Les gens marchaient dans la rue avec ce pas désinvolte. Les visages radieux.

Ici à Rennes, tout va bien.

J’en ai profité comme tout le monde. J’ai été bavasser avec les copains aux terrasses des cafés.

C’est réjouissant de marcher dans les rues de Rennes quand il fait beau. Une ville sous le soleil, de manière générale, c’est réjouissant. Les gens sortent, les terrasses s’animent, tu redécouvres les arbres qui semblaient sommeiller derrière les vieilles pierres. Ça sent les salades aromatisées, les cafés, les verres de vin et la bière, ça sent des parfums légers…

Jeudi je suis allé voir un pote. Il habite  à la campagne, comme moi, à quelques 10 minutes pas plus. Il habite en collocation. Une grande baraque. Un jardin immense. Mon pote, la gueule taillée aux ciseaux m’attendait. J’avais dit que je passerai. Je sortais de chez le coiffeur. Je te jure, le soleil cognait. Des gros rayons bien denses. Je suis rentré dans ma voiture j’avais le sourire tout benêt de satisfaction. Ce sentiment de l’été qui arrive ça met en joie. J’ai foncé chez mon pote. On a bu une bière. Il les a débouchées alors qu’un son électro puissant sortait des baffles du salon. Il écoute toujours la musique trop forte ce type. Moi, ça m’éclate les oreilles. On s’est bu notre bière sur la terrasse, pépère, le soleil dans les yeux. C’est avec le soleil qu’on s’est dit que boire un verre en ville ça serait vachement plus convenable pour des mecs de notre âge. Du coup on a filé dans sa caisse direction le centre-ville de Rennes.

Là c’était un hip-hop électro bizarre qu’il mettait à fond dans la voiture. Je voyais sa gueule taillée à coups de serpe et son petit sourire satisfait de mec qui va passer le week-end sur Rennes. Il connait les moindres recoins ce type.

J’étais au Mondo Bizarro le week-end dernier avec lui. Le Mondo tu vois ? C’est ce bar à concerts métalleux sur l’avenue Général Patton. C’était pas métal ce week-end-là, c’était soirée électro… La Tangente, t’aurais dû voir y’avait que des jeunots, genre 18 ans et tout… le patron du bar, celui qui servait les bières (pas chères d’ailleurs), métalleux jusqu’aux os, il tirait une de ces tronches, non sérieux t’aurais dû voir…

Je reviens à mes moutons. On est sortis de la voiture jeudi et on est allés boire des bières à l’Amaryllis. J’ai d’autres potes qui m’ont rejoint. La terrasse était pleine et les sourires pareils, pleins pleins, les gens étaient heureux. C’est beau une ville au soleil. J’ai pas pu rester très tard, mon pote à la gueule ciselée, lui, à la deuxième Chouffe c’était tout vu, il a envoyé quelques sms et je crois qu’il a fini sur les coups de 6h du mat. Moi je pouvais pas. J’avais ma sœur qu’était là.

Tu sais quand tu dis que les potes te manquent. Je comprends tellement. J’ai vécu en Belgique. Je me rappelle ce sentiment que j’avais parfois, quand la petite mélancolie montait jusqu’à la gorge… j’allais me planter à la petite fenêtre qui donnait sur la tour du Midi et là je laissais la nostalgie m’envahir. Ça me fait pareil avec ma sœur maintenant. Elle est partie  à Limoges. Elle est comédienne, elle est entrée à l’Académie de théâtre de Limoges. Elle bosse tout le temps. Du coup, elle rentre quasiment jamais. Alors quand elle est là, je veux profiter d’elle. On est allés voir Birdman au ciné. Pas mal ce film.

En sortant du ciné, j’avais encore l’effet de la Chouffe, ça tambourinait dans mes tempes… mais les rues étaient plus calmes. On est encore au mois de mars, les gens sont pas fous… moi j’avais ma petite chemise des beaux jours, et juste un manteau mais pas bien épais et je peux dire que je caillais bien.

Y avait quand même quelques mecs sacrément amochés. On est passés rue de la Soif. Là de chaque côté y avait de la viande saoule. Une gonzesse en bas résille, le sourire provocateur, une pinte à la main, l’autre main posée contre le mur comme si elle défendait un territoire. Une bande d’anars, béret sur la tête ou casquette, cheveux longs et tout le bordel, sifflait des coups au Barantic. C’est tout de même moins anar et tout qu’il y a quelques années que je me suis dit en passant là. Non ? T’en penses quoi toi ? Je me souviens ça chantait à tue-tête tout un tas de chansons révolutionnaires à l’époque ici… merde je dis à l’époque, je suis fini moi mon pote, je parle déjà comme un vieux.

On est passés devant le vendeur de kebabs, celui du bout de la rue, avec sa grosse moustache grise. Et ses yeux légèrement plissés… il est iranien, je connais même son nom, même ses deux fils qui bossent là aussi, même sa femme, c’est dire. C’étaient des voisins quand on était gamins. Et le fils aîné c’était un pote. Le père il est là, les coudes posés sur le comptoir de son kebab, il attend un autre client. Y a deux affluences majeures les soirs de beuveries, c’est 20/21h et ensuite 23h/minuit…On était entre les deux. On a passé la rue et on est allés manger un bout plus loin, place Rallier du Baty.

Vendredi, tu devineras peut-être ce que j’ai fait le soir. C’était le pot de l’Imprimerie Nocturne. J’étais à la bourre comme d’habitude. Une heure de retard.

Il n’y avait pas grand monde. Nous avons bu notre coup comme à l’accoutumée, au Papier Timbré. Avec tous les livres éparpillés ou rangés… je suis arrivé il y avait cet homme, la cinquantaine, qui lisait dans son coin. Il était assis à une table, une grande tasse de café devant lui, et le livre dans ses mains. Quand je vois ça, je déconne pas ça me donne envie. Je me dis, ah tiens faudrait que je me fasse ça un jour… mais je le fais jamais, quand je rentre dans un café, je peux pas m’en empêcher je commande une bière… « Une bonnet rouge s’il te plait » que je fais au serveur du PT. « En pinte ». Et voilà comme toujours. J’ai rejoint le groupe, ils m’ont applaudi pour mon retard et tout ça. tirer_des_traits_by_karedwen-d4gqlfnOn a causé de plusieurs trucs mais vu mon retard ils avaient déjà fait le tour. Sur la table il y avait posé un livre, un exemplaire de Au rebord des gouttières. Tu vois ? Mon roman qui devrait sortir cette semaine aux Éditions de la rue nantaise. J’étais aux anges. J’ai vu la couv et tout. C’était le BAT. Le bloc texte était juste un peu décalé, trop près du bord de la page. Tout ça sera rectifié pour le final. C’est toujours du baume que de voir un livre avec son nom dessus. Une sorte de baume pour narcissique comme moi certainement…

Samedi c’était le panard. Le soleil était encore plus fort que d’habitude. Les bouquinistes sur la place Hoche et les badauds qui viennent feuilleter. Quand y a le soleil c’est toujours mieux. Je me souviens d’une fois… c’était quand j’habitais dans le centre de Rennes, à 2 minutes à pied de la place Sainte-Anne. J’allais quasiment tous les jours voir les bouquinistes qui, à ce moment-là, vendaient leurs livres sur la place Sainte-Anne. J’allais les voir en rentrant du musée des Beaux-Arts où je travaillais. Je jetais deux ou trois coups d’œil. Et je repartais bien souvent avec quelques trucs sous le bras. Je peux pas m’en empêcher. Et y a eu ce jour, je causais avec mon bouquiniste préféré de l’époque. Il m’éclatait lui. Il me tenait la grappe gentiment à chaque fois. Il me conseillait des livres et tout. Il me parlait de sa vie aussi. Une vie de chien qu’on aurait pu penser à l’écouter mais non, pas du tout, c’était sa vie quoi… Allez je fais ma petite parenthèse…

En gros, pour faire court, le gars c’était une sorte d’anarchiste… il me citait du Léo Ferré et du Calaferte à tour de bras… limite_ii_by_karedwen-d4gqlxecontre le mariage, contre tout ça, il m’avait raconté qu’il était follement amoureux de cette femme avec qui il vivait une histoire superbe, d’amour et tout, et bam, un jour elle lui dit qu’elle voudrait se marier, pire (à ses oreilles à lui) qu’elle voudrait des enfants… Et alors pour lui les enfants c’était pas qu’il aimait pas… non c’était juste qu’à ses yeux c’était une sorte de fardeau qui l’obligerait à trimer et à trimer comme un dingue pour pouvoir les nourrir et que c’en serait fini de la liberté et de tout ça… et il voulait pas. Ils se sont quittés. Je l’écoutais, je me souviens, ça me rendait un peu triste, je me disais « mais le type il va finir seul, ça me fend le cœur » et pourtant il semblait au poil en accord avec ses sentiments et ses choix… Quand il causait, ses yeux faisaient des petites brillances éclatantes et aux commissures des lèvres il avait ce petit résidu de clopes roulées qui restait collé. On causait ensemble au moins une fois par semaine, j’ai découvert une sacrée palanquée d’auteurs et de livres. C’est chez lui que j’ai acheté tous mes Jack London. Tu sais je suis un grand fan et un grand admirateur de ce gars et je voulais acheter tous ses romans… bah c’est chez ce bouquiniste que j’ai tout acheté. Et un jour, il s’est mis à flotter alors qu’on discutait. T’aurais dû voir la panique là-dedans. On a couru chercher des bâches. On a couvert les livres qui commençaient à prendre la flotte… ça tombait en rafales, d’un coup. Il était pas mal affolé. On a tout couvert. Tout attaché pour pas que le vent emporte tout le bazar. C’était la course chez tous ces messieurs.

Pour ça, le soleil de samedi c’était réjouissant. Et celui de dimanche aussi. J’ai gardé le sourire tout le week-end.

Et puis comme je t’ai dit, quand y a du soleil, j’écris mieux, bonne humeur et tout, je me sens d’attaque…

Ici à Rennes, tout va bien.

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