Sylvain Bertrand

Cette semaine nous vous proposons de découvrir le premier volet d’une série de portraits consacrés aux bénévoles qui font l’Imprimerie Nocturne. Pour commencer sous les meilleurs auspices, quoi de mieux que de s’intéresser à celui qui, par bien des aspects, reste sans conteste le moins important, le moins talentueux, le moins charismatique et le moins drôle d’entre eux : Sylvain Bertrand.

Sylvain est un homme comme on n’en fait peu. Rédacteur de son état, il a suivi une formation d’histoire et de conservateur du patrimoine et a rédigé un mémoire sur le thème de « La représentation dynastique du pouvoir chez les ducs de bourgogne par l’image et l’écrit, double portrait de Philippe le Bon et Charles le Charolais ».

Il est l’illustre auteur du livre : Le journal d’un hypocondriaque, disponible aux éditions de la rue Nantaise, 188 pages, format 10,5 cm sur 14,5 cm pour 14 euros seulement. Ouvrage livré avec un presse-agrume en titane, pour toute commande effectuée pendant les 10 prochaines minutes.

Sachez aussi, pour l’anecdote, que tous ses vaccins sont à jour et qu’il est connu pour être un spécialiste mondial de fameuse recette de « la purée courgettes-patates ».

La vie a réussi à Sylvain et malgré ses succès, l’homme a su rester humble et garder les pieds sur terre. Aujourd’hui il nous ouvre les portes de son penthouse et nous livre une interview à la fois simple et intimiste… sylvain

  1. Sylvain, si tu devais te décrire en 8 caractères maximum, avec au moins une majuscule, une minuscule, 1 chiffre et un signe de ponctuation ?

Bômâl;35. Un clin d’œil. C’est un pseudo que j’utilise sur un site dont je ne peux malheureusement pas dévoiler le nom.

  1. Comment as-tu découvert l’existence de l’Imprimerie Nocturne ?

Par hasard. Pour tout dire, à la base, je cherchais une imprimerie. Mais une vraie, pas vraiment de ce genre-là. Je furetais à travers la toile, la nuit était déjà bel et bien avancée. Pour preuve, je crois bien que les lampadaires qui éclairent la petite place en face de chez moi, étaient déjà éteints. Il devait être aux alentours de 00h00 donc. Quand tout à coup, un spam a bloqué ma connexion internet. Et là, un message est apparu :  « vous recherchez une imprimerie, nous avons ce qu’il vous faut ». Moi, peu méfiant de nature, et bien m’en a pris, j’ai cliqué sur le lien. Je suis tombé sur leur site. Autant dire que je n’avais plus aucune raison de rechercher quoi que ce soit d’autre. L’imprimerie je l’avais trouvée. J’ai filé mes coordonnées, adresses, date de naissance, compte bancaire, et je suis allé me coucher. Je faisais partie de l’Imprimerie Nocturne. Et je ne regrette pas.

  1. De quelle manière as-tu été intégré au projet ? L’histoire dit que tu as couché pour en arriver là, mais elle ne dit pas avec qui ?

Coucher tout de suite. On voit bien que tu n’es pas encore rompu aux mœurs de l’Imprimerie. Nous sommes bien au-dessus de tout ça. Non, j’ai été intégré en raison de mon immense talent. Marie sait où rechercher. Qui rechercher. Rien n’est fait au hasard. Le talent monsieur, voilà comment j’en suis arrivé là.

  1. Si l’on met de côté tes fonctions d’agent reproducteur sur lesquelles tu t’es déjà beaucoup épanché, peux-tu nous parler de ton rôle de « rédacteur » au sein du journal ?

Mon rôle de rédacteur. Encore une fois, vous me semblez bien en-deçà d’une réalité que vous ne comprenez pas. Ici on ne rédige pas. Ici, on crée, on sublime l’information, on la rend tout à la fois belle et transcendante. Nous sommes des artistes. Cela va sans dire. À l’Imprimerie les sujets ne nous étant pas imposés, on y va de notre imagination, nous ne sommes pas des scribes ou des journaleux « plume dans le cul », non, non, nous sommes des faiseurs de rêves. Et la plume on l’a bien attachée dans la paume de la main. Pas dans le cul.

  1. En comparaison avec Ouest-France, le Figaro Madame ou le magazine Voiles et Voiliers, qu’est-ce qui fait selon toi, la spécificité de l’Imprimerie Nocturne ?

Cette question, en comparaison des premières, est très pertinente. Je vais paraphraser le très audacieux et non moins excellent Institut de démobilisation, mais je crois que ce qui nous manque encore, comparé à Ouest-France par exemple, c’est l’humour. Ah, oui, ça non, nous n’avons pas d’humour. Nous n’avons pas, encore pour paraphraser l’Institut, l’humour cinglant de ce cher Paul Hutin et de sa descendance. Nous faisons avec. Pour ce qui est du mensuel Voiles et Voiliers, je crois pouvoir dire, sans trop me tromper, que l’Imprimerie a dans ses bagages plus de sels et d’embruns que ce foutu magazine. Eh oui, parce dans l’âme nous sommes de vrais voyageurs. D’ailleurs, Marie L. nous invite régulièrement dans sa maison à Perros pour que nous nous entrainions à la voile. Peu de gens respirent autant la générosité. Ainsi, dit-elle « nous aurons les mains assez fermes pour écrire, la tête assez pleine pour penser, et l’esprit assez loin dans les mers bleues ou grises pour ne pas l’emmerder ». Ahahaha quelle poétesse.

  1. Beaucoup de gens à l’Imprimerie ne t’aiment pas. Parle-nous de tes feelings, vis-à-vis de l’équipe ?

Oui, c’est vrai. Il y a quelques animosités à mon égard. Je crois qu’il s’agit surtout de jalousie. En effet, ces gens-là, pensant me haïr, m’aiment en fait profondément. Je ne leur en veux pas. La jalousie est le dernier retranchement des gens bien tristes. Je les aime. D’ailleurs, j’en profite pour leur dire que s’ils le veulent bien, je suis prêt à partager un verre avec ces braves gens pour les écouter s’épancher, se confier. Tout le monde a besoin d’une épaule pour pleurer. Pour les autres, je les emmerde.

  1. Si la rédactrice en chef de l’Imprimerie Nocturne, Marie L. était un petit rongeur, lequel serait-elle ?

Sans hésiter, une belette. Fugace. Rapide. Maligne. Une belette oui. Vos questions deviennent de plus en plus pertinentes. Je suis rassuré. J’avais un peu peur au début.

  1. Tes projets au sein du journal ? Des désirs de portraits, d’interviews, de tentatives de putsch ?

Des projets en tout genre. J’aimerais interviewer Manuel Valls par exemple. Sur la question des plantes fourragères dans l’agriculture khmère. C’est une question essentielle et connaissant la pertinence et l’acuité de ce nouveau Premier ministre, j’aimerais avoir son avis sur cette question-clé. Enfin, LE grand projet sera celui mené en interne. La modification du statut de l’Imprimerie. Nous sommes sur le point de nous constituer en État indépendant. Ce qui nous permettra d’avoir beaucoup plus de marge de manœuvre. Je ne peux pas en dire plus pour le moment.

  1. On vient de recevoir une question sms de la douane américaine. La voici : Êtes-vous venu aux États-Unis assassiner le président ou fomenter un coup d’état contre le gouvernement ?

Oui, j’y ai déjà pensé. Si nous vivions dans un monde à la Minority report, peut-être pourrirais-je déjà dans une lugubre prison. Mais heureusement, nous ne le sommes pas. Et finalement, j’ai laissé tomber cette possibilité. Bah oui, on m’aurait taxé de raciste. J’attends que le président change de couleur du coup.

  1. Pour conclure cette interview, Sylvain, tu as quartier libre pour dire tout le mal que tu penses de l’Imprimerie Nocturne, de manière totalement anonyme.

Bon j’ai un doute sur l’anonymat, mais je me lance tout de même. Zut. Crotte. Merde. Voilà.

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