Isabelle

Ô toi fidèle lecteur, qui te demandes par quel miracle les portraits de l’Imprimerie débutent toujours ainsi. Aujourd’hui, je m’en vais éclairer ta lanterne : c’est par facilité et par économie d’énergie. Eh! oui, lecteur de mon cœur, on peut être « écolo-hippie-hippie-check » et garder frais son pragmatisme.Te voilà rassuré, et me voici libéré de l’écriture d’un paragraphe. C’est donc sous les meilleurs augures que nous pouvons débuter une toute nouvelle et fascinante interview. Ou simplement nous attarder sur le cas d’Isabelle, aka :

« Je colorie sans dépasser ».

image
Cela vous surprendra peut-être, mais Isabelle est une femme comme on en fait peu. Tandis que « Cyclope » balance des rayons laser pouvant anéantir des barres HLM, tandis que « Superman » utilise sa « super-vision » pour faire des « super trucs chelou » par « esprit super mal placé », l’acuité visuelle d’ Isabelle est quant à elle,autrement plus étonnante…

Privée de ses lunettes, Isabelle, aka : « voit que dalle à trois mètres », perçoit le monde tel un tableau surréaliste. Rien d’étonnant à cela me direz-vous : « Le monde n’est-il pas une vaste toile surréaliste sur laquelle se dessine jours après jours les actions de nos vies ? » Quel beau poète et quel bel emmerdeur vous faites.

« Certes » répondrais-je, mais « pas seulement » poursuivrais-je, avant de vous asséner un petit coup sec derrière la nuque, scellant ainsi notre amitié.

L’acuité visuelle d’Isabelle est inversement proportionnelle à ses talents d’illustratrice ! Les plus observateurs auront noté qu’elle est l’auteur des gribouillages de l’Imprimerie Nocturne (dont celles du Tumblr) et de la rédaction de certains dossiers, dont vous seriez sages de vous foutre royalement.

Par quel miracle, Isabelle, aka « la taupe de Champagne », parvient-elle à réaliser de si minutieuses illustrations ? Elle qui ne saurait distinguer deux frères Bogdanoff marchant côte à côte dans une forêt noire, par une nuit sans lune ?

L’explication avancée par la communauté scientifique de la région Paca rappelle que l’équation : « 4 cafetières de café / heure + 4 granola / minute + 4 coups de crayon de couleur / seconde », explique de telles capacités. Leurs opposants rétorquent qu’un bon opticien suffit largement.

Au-delà des mystères qui entourent ses performances visuelles, Isabelle, aka «  femme à lunettes / femme chouette », fait fi des handicaps liés à son appartenance au sexe faible et reste digne devant les coups du sort, leur répondant de la seule pointe de sa plume.

Elle nous reçoit aujourd’hui dans un petit appartement au charme cossu (quoiqu’un tantinet désuet) pour une interview simple, tranquille, à l’aveugle.

1 : Si tu devais te décrire comme une annonce immobilière ?

Bel espace situé en plein cœur de son nombril, ce duplex modulable et flexible comporte une tête et un corps savamment agencé : jambes, mains, pieds, bras, fesses et seins, le tout allant par paire. Qui plus est, rotatif, il vous assurera un ensoleillement continuel.

Avec une hauteur sous plafond d’1m60 (mais vous aurez la possibilité de le rehausser par le port de talonnettes), pratique et confortable, vous aurez tout le loisir de le redécorer à votre guise. Le piercing est autorisé mais l’apport de plantes vertes et de fleurs y est interdit sous peine d’éternuement punitif.
Construit en 1985, une peinture dorsale y fut ajoutée il y a 4 ans, apportant un cachet supplémentaire et non négligeable.
Économique (classe énergie B), consommant peu de viande et de papier toilette, vous aurez à votre charge l’achat des bières et du chocolat.

2 : Explique-nous pour quelle raison avant de connaître l’Imprimerie Nocturne, tu ignorais jusqu’à son existence ?

Je n’aurai pour toute réponse que celle-ci : sommes-nous assurés que l’Imprimerie Nocturne existe réellement ? Pouvons-nous, avec certitude, dire que nous existons ? Et l’univers ? Et la licorne à deux têtes ?

3 : Par quel miracle as-tu intégré le projet ? On dit que Jean « Francky » Copé, t’a pistonnée ?

Sur ce point, il m’a été conseillé dernièrement de ne pas me prononcer. Je ne peux vous dire que cela :

Je connais en effet un certain Francky Vincent Copé avec qui j’ai passé des heures de danse endiablée, à zouker. Nous nous retrouvions à l’heure du goûter, il m’offrait des pains au chocolat, j’étais heureuse, jeune et un peu naïve.
Il me parlait de ses meetings, de son Pygmalion à lui. Moi, je lui racontais mes rêves. Mes envies de lendemains meilleurs, de voir un jour briller le soleil sur le pavé rennais. Et alors les nuages de l’ignorance disparaîtraient.

Un jour, c’était le dernier…
Je ne devais plus le revoir ensuite…

Un jour donc, il me glissa un pain au chocolat dans la main que je ne devais manger qu’en rentrant chez moi, m’avait-il dit. Nous avons donc dansé, comme à l’accoutumée. Il était beau dans sa chemise à fleurs, son petit crâne tout luisant de sueur et du gras de tous ces pains au chocolat précédemment partagés…
Bref, j’obéissais à sa demande.

J’étais affamée. J’avalais goulûment ledit pain au chocolat quand je sentis sous mes dents un morceau de papier. J’en avais déjà mangé la moitié et le reste était devenu illisible. J’ai la salive acide, vous savez. Certainement dû à la cigarette ou aux pastilles mentholées.
Mais je réussis à discerner ces deux mots: « Imprimerie Nocturne » ainsi qu’une suite de chiffres. Une facture, il semblerait.
C’est ainsi que tout a commencé… Oui.

4 : Quel est ton rôle au sein à l’Imprimerie Nocturne (en général) et dans cette existence terrestre (en particulier) ?

En général, j’ai pour rôle de tailler les crayons de mes collègues. Je taille tout type de crayons : de couleur, de papier, d’encre. Je ne suis pas regardante à la tâche vous savez.
C’est toutefois assez épuisant et frustrant…
À l’heure où je vous parle en vous écrivant, on n’utilise plus de papier et donc, plus de crayons.
Mais des ordinateurs.
Alors je viens huiler leur clavier.
Ils me disent que c’est par pensée écologique – et puis que c’est plus pratique et rapide.
Je n’ai rien contre le vert vous savez. Par exemple, j’aime mangé de la salade (et de la jelly anglaise).
Mais tout de même, ils pourraient avoir un minimum de considération. C’est une compétence qui réclame de la minutie et de la patience… De fait, j’ai une collection assez folle de crayons. Parfois, je les utilise pour dessiner. Et puis comme tournevis-cure-dents.
Et puis donc, plus particulièrement, ce que je fais sur ce petit monde, c’est d’être.
C’est déjà pas mal, non?

5 : En comparaison avec un film de David Lynch, qu’est-ce qui fait selon toi le « WTF ?! » de l’Imprimerie Nocturne ?

La femme à la bûche!!
La femme à la buuuuuuche!!!!
J’attends avec impatience que l’Imprimerie Nocturne recrute un nain.

6 : Les bénévoles du journal sacrifient des vierges à la simple évocation de ton nom. Un message de condoléances aux familles ?

Si elles n’avaient pas été vierges, ça n’aurait pas eu lieu (Protégez-vous !)

7 : Si Marie était un tube de l’Eurovision ?

Pour répondre à cette question et vu que j’aime faire les choses avec sérieux, je me suis enfilé des heures de chanteuses à décibel, de chorégraphies en pâte à modeler, de costumes sortis d’un chapeau de magicien des années 80. Je n’en suis pas ressortie indemne. Après une attaque cérébrale et un pontage coronarien, je suis devenue aveugle et sourde.
Et j’en suis arrivée à cette conclusion : heureusement, je ne sais pas.

8 : Des projets de dessins pour le journal ? Il se dit que tu travailles à une fresque monumentale célébrant la naissance de Marie L. ?

J’ai en tête quelques gribouillages en effet.
Pour ce qui est de cette fresque, rien n’est encore joué. Pour le moment, nous négocions avec le diocèse le rachat de l’église située place Sainte-Anne. Nous recherchons un local plus grand pour l’équipe. Elle serait parfaite. Nous aurions de beaux bureaux en marbre, tout en open-space et il n’y aurait plus besoin de hurler, grâce à la résonance naturelle du lieu. On aurait un distributeur d’eau bénite et un distributeur d’hosties. On irait confesser nos fautes dans le parloir à la grande inquisitrice Mlle Marie L…
Et on pourrait même organiser des bœufs à l’orgue.
Ça s’rait bien sympa!

9 : Question SMS pour gagner le droit de réécrire deux journées de ton existence : « Peux-tu nous révéler qui a tué Laura Palmer ? A-t-elle un lien de parenté avec Jack Palmer ? »

Le spoil nuit gravement aux séries et plus généralement aux relations sociales.
BOB.
Je ne me permettrais donc pas, BOB, de révéler, Papa, l’identité du tueur de Laura – BOB, Papa – Palmer. Non, non, non.

Dans le grand cosmos de l’humanité, nous sommes tous parents et c’est ça qu’est beau. Alors, je pense bien qu’il y a comme un lien entre ce Jack et cette Laura…
10 : Tu as la possibilité d’accumuler tout le mauvais karma possible et imaginable, en disant le mal que tu souhaites de l’Imprimerie Nocturne.

Ho ba, j’ai déjà un karma suffisamment mauvais comme ça, j’vais pas aller en rajouter, je risquerais de me réincarner en Jean-François Copé après… Et on peut pas dire qu’il soit verni en ce moment.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s