Erwan

Ô toi ami lecteur qui aimes l’inattendu, le surprenant, l’original, cette semaine réjouis-toi car l’Imprimerie Nocturne a pensé à ton confort. En effet « camarade-poto », ton webzine culturel préféré est allé à la rencontre d’Erwan, chroniqueur dont je te serai gré de bien vouloir oublier le nom, lorsque je dirai « top ».En ce mardi matin de mai, l’ami Erwan et moi-même avons pris un café dans le centre-ville du bourg, à l’Atelier de l’artiste. Il était 11h, je portais une chemise grise et un pantalon noir de toute beauté, tandis qu’il arborait fièrement un string ficelle et des santiags en peau de lama.

L’interview dura une heure. Nous bûmes cinq double expressos cul sec, chantâmes des chansons paillardes, dansâmes sur des refrains traditionnels slovaques, puis, suite à un léger malaise cardiaque, l’on me transporta à la clinique de la Forêt d’où je rédige ces lignes.

Magie du journalisme oblige, tu as (de toute évidence) avalé tout cela. Comme tu crus par le passé, que PPDA avait interviewé Fidel Castro ou qu’Amanda Lear était une tragédie de Shakespeare. Mais d’Erwan je ne connais que cette image qui, a n’en pas douter, en dit déjà bien long.

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Erwan est un bonhomme vert et rose âgé de 22 ans. Il est étudiant en STAPS, spécialité SIMIP, (sport, innovation, management et ingénierie de projets) et il rédige des chroniques (à l’œil) pour l’Imprimerie Nocturne.

Fervent supporter des briques de « lait entier », il est également fan des disques de l’Olympique Lyonnais et pleure, en secret, la perte d’un premier tracteur qui « roulait bien ».

Erwan souffre d’un handicap sévère. Il n’a pas de jambes, pas de bras, pas de chocolats et vit dans le monde bi dimensionnel d’une feuille de papier brouillon.

La vie a été rude avec notre bonhomme gribouillis. Nombre de ceux qui résidaient à ses côtés sont désormais partis, là où le bristol brille plus blanc. Si les séparations l’ont enduré, il reste digne et caresse l’espoir de retrouver ceux qui, jadis, cohabitaient à ses côtés en haut de la porte du frigo.

Aujourd’hui, il nous convie dans le coin inférieur droit de sa feuille de papier, pour une interview à la fois simple et fichtrement intimiste.

« Top  »

1 : Erwan, si tu devais te décrire comme l’on ne t’a jamais décrit ?

Homme robuste (on ne me l’a jamais dit), 45 ans, 76kg, riche et bricoleur. Fan de Mickael Jackson et des 2be3 seulement a capella.

2 : La terre a-t-elle tremblé le jour où tu as découvert l’Imprimerie Nocturne ?

Honnêtement oui. Mais à échelle locale (premier barreau).

3 : Comment as-tu intégré le projet ? L’histoire dit que tu devais un paquet de fric à Marie…

L’histoire dit aussi que j’ai crevé deux fois après l’avoir rencontré. Qui doit quoi à qui et comment ? Hormis cette anecdote, j’ai postulé à l’Imprimerie après avoir lu une annonce sur le site, dans un encadré situé juste à droite d’une chronique sur un album de Psykick Lyrikah (je vous ai déjà dit que j’étais fan ?) dans laquelle il était explicitement écrit que l’association cherchait des « gens puissants intellectuellement », « agréablement forts » et doués d’une « plume  lourde et solide » pour le site. La réponse fut immédiate où Marie me donna rendez-vous à Brest pour une rencontre fortuite située à 256 320 km de mon lieu-dit, c’est à dire Clermont-Ferrand. Merci Marie ! Ça valait le détour ! Je te paierai une bière un jour. No problemo.

4 : Peux-tu nous dire quel est ton rôle au sein de l’Imprimerie Nocturne ? Ainsi que dans Ouest-France, le Canard enchainé, Télérama et le Mensuel de l’amicale des pêcheurs de morue ?

Je milite pour une France musicalement forte. Le domaine hip-hop/rap’n’blues est mon sujet d’histoire préféré. Je chronique de temps en temps… quand je peux… c’est-à-dire pas beaucoup. Idem au niveau des interviews. Je suis lecteur du Canard et de Télérama à l’occasion. Concernant le Mensuel de l’amicale des pêcheurs de morue, il faut savoir que malgré mon nom à grosse connotation bretonne, je suis mauvais pêcheur. Je ramasse plutôt des crevettes à l’épuisette. C’est cool les crevettes. Malheureusement, ils m’ont trouvé trop « original, new school et underground » pour leur organisation et m’ont viré illico nespresso.

5 : En comparaison avec Playboy, Penthouse et Hotvidéo, qu’est-ce qui fait selon toi le charme de l’Imprimerie Nocturne ?

Je ne pourrais répondre à cette question. Tout ce qui ne parle pas de foot ne m’intéresse pas. N’insistez pas madame !

6 : Une décision de justice vient de tomber : tu n’as pas le droit d’approcher les membres de l’Imprimerie à moins de 3,50 mètres. Pourquoi 3,50 mètres, nom d’une fiente de mouche ?

Déjà parce qu’ils sont tous très loin de mon chez moi ! Ensuite parce que l’Imprimerie Nocturne ne veut pas délocaliser (à tort) à Clermont-Ferrand. Et surtout, pour expliquer le 3,50m, je pense que ce doit être à cause de mon haleine qui est difficilement tolérable. Je ne vois pas d’autres explications. Mais ouais ! Pourquoi 3,50m au final bordel !!?

7 : Si Marie était un reptile du paléolithique ?

Un nénuphar. Mes connaissances en la matière sont très limitées.

8 : Des projets d’articles au sein du journal ? Des envies de déco avec Valérie Damidot ?

J’ai fait un rêve. Un rêve où l’on vendrait des produits dérivés en forme de rectangle, le tout réalisé par des enfants asiatiques, pour les payer moins chers et les revendre sans états d’âme pour faire pleurer de bonheur des millions de consommateurs, synonyme de gros bénéfices. Ces consommateurs se l’arracheront, car il faut savoir que ce rectangle est utilisé par toutes les bonnes personnes de notre sphère sociale et parce qu’il est bourré de fonctionnalités top tendance. J’ai rêvé d’un monde parfait où les enfants qui ne possèderaient pas encore ce rectangle crieront et pèteront leurs caprices sur leurs parents aussi autoritaires qu’une vache en train de brouter son herbe.

Ces même parents, en bons éleveurs bio, tenteront alors de préserver le plus longtemps possible et tant qu’il est encore temps leurs raisons d’être et l’équilibre familial en offrant sous forme de cadeau le précieux rectangle dernier cri (car bien plus puissant et joli) et sauveront ainsi le bien-être de leurs enfants, sans se préoccuper un seul instant de celui des autres.

Quand je parle des autres enfants, je parle de ceux qui bossent à répétitions pour trois fois rien, pour permettre à l’autre enfant de connaître la joie de s’afficher avec le rectangle sans qu’il sache lui-même, et c’est là que j’apprécie au plus haut point mon rêve, que tout ça c’est grâce à lui ! Et tu sais pourquoi ? Tout simplement pour que cette belle famille puisse croquer la pomme à pleine dents sans qu’elle se soucie des pépins.

La suite est un peu plus logique, certains liront ceci en acquiesçant facilement à tout ce qui a été écrit précédemment et s’empresseront de le partager (dans le meilleur des cas) à leurs super copains et copines en utilisant ce même produit dérivé en forme de rectangle. La boucle est bouclée et rien que pour ça l’Imprimerie, accomplis-moi ce rêve ! Dis-moi oui ! s’il te plaît ! s’il te plaît ! s’il te plaaaaaîîîîîîîîîîîtttt !

(Ceux qui ont lu ce paragraphe sont complètement cinglés. Ça me rassure.)

9 : La question SMS du jour pour gagner un morceau de mimolette : « Le mieux est-il l’ennemi du bien ? »

Je pense qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises situations. Thèse : la perfection est l’idéal du genre. Anti-thèse : la perfection n’est pas l’idéal du genre. Conclusion : je préfère jouer au ni oui ni non.

10 : Tu peux dire le mal que tu veux de l’Imprimerie Nocturne. Tout en sachant que Marie connait ton adresse.

Non (fuck, j’ai perdu…). Tout le mal que je souhaite à l’Imprimerie Nocturne est de ne jamais rester soi-même. JAMAIS !

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