Cyrille

Ô toi fidèle lecteur, qui aimerais tant connaître le pourquoi du comment, la raison du pourquoi et les ultimes desseins qui animent l’expansion effrénée de l’univers vers le « va comprendre l’ami ?». Aujourd’hui tu vas être déçu. Les voies du Seigneur sont indéchiffrables. Certains « pourquoi » ne connaissent nul « parce que ».

Accroche-toi lecteur, car c’est uniquement de sagesse, de bienveillance et de compréhension dont il s’agit ici, avec cette interview du talentueux et philosophe (comprenez talentueux et inefficace) Cyrille Cléran.

Cyrille est un homme comme on en fait peu. Non content d’écrire pour cette horde d’intermittents pouilleux (mais joyeux) qui forment les bénévoles de l’Imprimerie Nocturne, il est aussi, je cite :

« Auteur, éditeur, illustrateur, correcteur, glandeur, directeur de stage conventionnés et producteur de phéromones ».

Un pedigree qui fait l’impasse sur une tare fondamentale, fort habilement cachée dans les tréfonds de son cursus : il est l’heureux propriétaire, d’une maîtrise de philosophie…

Cyrille réfléchit donc à des « trucs ».

Loin de moi, la volonté de décourager les gens de réfléchir à des « trucs ». Bien au contraire. Les grandes actions humaines étant prises par la main d’une volonté éclairée, je me permets de dire, si vous me l’accordez en retour (allez-y, je vous en prie), que philosopher à des « trucs », c’est souvent assez « bat ».

Ou « swag » si vous vous sentez l’expression « swag ».

En effet, philosopher à des « trucs », mène à penser à des « choses », penser à des « choses » à réfléchir à des « bidules ».

Et réfléchir à « des bidules » c’est  le propre de l’être humain. Sans quoi, durant son existence, il ne pourrait accomplir ses « choses », réaliser ses « trucs ». Vous me suivez ?

En somme, Cyrille aime à penser puis à recommencer. Une vieille et délicate affaire, puisqu’il ne parle pas là « seulement de cette naissance, qui s’est suivi de maintes autres renaissances » mais peut-être de choses infiniment plus complexes et oubliées que cela.

Un type « gentil » ce Cyrille. « Curieux » mais gentil. Un type respectueux, qui pense, puis pense encore, puis pense again, puis va pioncer. Pour savoir quoi me direz-vous? Pour savoir peu sans doute… Pour ne savoir rien en fait. Pour savoir comme chacun, en somme.

Fan du foot et de ses stars « old-school », il dit en avoir tiré les valeurs de la « gagne ». Plus fondamentalement encore, ce profond respect de « l’action » et ce réel souci de l’entreprise « collective ».

Cyrille (ci-dessous avec la casquette kaki) reçoit aujourd’hui l’Imprimerie Nocturne en pleine séance de « pensage à deux trois trucs vite flash avant de filer au taf  » pour une interview simple et raisonnée.

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1 : Si tu devais te décrire à un aveugle ?

L’homme élégant, en smoking blanc, au bout du comptoir, qui sirote un martini bianco, c’est moi.

2 : As-tu découvert l’existence de l’Imprimerie Nocturne au même moment que l’identité de Bruce Wayne ?

Et je ne suis pas au bout de mes découvertes ! Je prévois de découvrir sous peu un vaccin contre le cancer du pancréas.

3 : De quelle manière as-tu rencontré Marie L. ? Une prise d’otage vous a rapprochés m’a t-on dit ?

C’était l’hiver. Ou l’automne finissant. On était engoncés. Elle portait une casquette et un discours. Je recherchais un moyen d’expression fiable et une place stable au sein de notre société de plus en plus mouvante et incertaine. J’avais peur de l’avenir. Mais je ne voulais pas le montrer. Très rapidement, les symptômes du syndrome de Stockholm sont apparus et j’ai enchaîné les chroniques sur un rythme infernal. Devenu captif de ce mode de fonctionnement particulièrement aliénant, j’ai dû me rendre à des spectacles pour les chroniquer, notamment des événements liés au hop-hop – mes rudiments de smurf en cette occasion m’ont été plus qu’utiles pour me fondre dans le public et passer inaperçu.

Marie L., qui connaît mes penchants pour les gloires éphémères, a cependant eu la délicate attention de mettre mes articles plusieurs fois à la une.

4 : Parle-nous de ton rôle au sein du journal ? Y a bien un journal ? T’as bien un rôle dedans ?

Pour l’instant, c’est juste un webzine. Mon rôle est d’y publier 1 article/mois, comme convenu au moment de la signature de mon contrat. Il m’arrive d’être légèrement au-dessus de ces quotas.

5 : En comparaison avec la théorie de l’expansion de l’univers, qu’est-ce qui fait selon toi le succès grandissant de l’IN ?

J’ai eu peur, en lisant vite ta question sur l’écran 246 pouces mis à ma disposition par l’Imprimerie, j’ai cru que tu me demandais d’expliquer le succès grandissant du FN. Auquel cas, je serais probablement parti dans une longue diatribe alambiquée à la lecture de laquelle plus personne n’aurait osé associer, sans se couvrir de ridicule, les mots « FN » et « succès ». Quant au succès de l’Imprimerie, la seule question à se poser est : est-il mérité ?

6 : Tu es à l’Imprimerie Nocturne, ce que la Kryptonite est à Superman. Ça fait quoi d’avoir la pleine confiance de ses collègues ?

C’est sûr que l’Imprimerie avait besoin d’un second souffle, d’une crédibilité, d’une nouvelle aura. J’ai su lui apporter ces 3 éléments.

7 : Si Marie L. était un numéro des éditions Atlas ?

Marie L. serait sûrement le volume dédié à la tarentelle, cette danse populaire au rythme très rapide, du Sud de l’Italie, que Marie L. nous invite à entamer à chaque fois que les statistiques de fréquentation du tumblr sont explosées par un afflux massif de nouveaux internautes errants.

8 : Quels sont tes projets au sein de la rédaction ? Est-ce vrai que tu bosses sur un article tellement révolutionnaire, que tu ne sais même pas ce dont il s’agit ?

C’est vrai. C’est un projet pour le moins nébuleux. Mais le cosmos est lui-même un mystère et je m’inscris donc pleinement dans cette dynamique.

9 : Question SMS pour gagner le droit d’être heureux : « C’est quoi au fond, être heureux ? »

C’est dormir entouré de nymphettes dans un grand lit à baldaquin monté sur des essieux à doubles bras transversaux.

10 : Pour finir, deux choix cornéliens s’offrent à toi : dire tout le mal que tu penses de l’Imprimerie Nocturne ou tout le bien que tu penses de Nicolas Sarkozy.

Je vais aller au plus court et évoquer notre ancien Président : il a beaucoup d’allure, c’est juste dommage qu’il n’ait pas été réélu car nous aurions eu (selon des informations de première main en ma possession) J.-F. Copé comme Premier ministre, Maître Collard comme Garde des Sceaux et Isabelle Balkany comme ministre de l’Enseignement supérieur. La France aurait enfin été placée sur les rails qu’elle mérite, à savoir ceux de la réussite entrepreneuriale et du rayonnement culturel (rails que, entre nous soit dit, l’Imprimerie Nocturne serait bien inspirée d’emprunter, au moins une fois, ne serait-ce que pour essayer).

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