L’équation à quatre inconnus – Fin

Suite aux évènements récents (le corbeau tout ça, tout ça…), je décidais d’approfondir mon enquête sur les dessous de l’Imprimerie Nocturne.J’avais une intuition. Sous couvert d’articles culturels accessibles à tous, se cachait peut-être un message qui ne pouvait être compris que par un ou plusieurs initiés ? L’Imprimerie, dissimulait-elle, en son cœur, un propos fort subtilement codé ?

Fier dépositaire des grandes figures du journalisme moderne (David Pujadas si tu me lis…), je décidais de m’atteler à une tâche colossale, une enquête « old school mais trankil », qui viendrait consacrer de belle manière ma glorieuse carrière de stagiaire.

Je retroussais mes manches, puis me décidais à lire, à comprendre et à souligner au stabylo, toute publication de l’Imprimerie qui m’éclairerait plus avant, sur l’origine des mythes et les légendes qui entourent le journal.

episode3

Travail titanesque, dont j’épargne au lecteur les nombreuses difficultés auxquelles je fus confronté. À peine avais-je commencé à disséquer les publications de l’Imprimerie, qu’un laconique « C’est toi qui fouilles mes archives !? » de Marie L. jaillissait tel un spam au milieu de mon écran. Ce qui en langage commun, revenait à me dire :

« Je sais que tu sais, que je sais que tu sais. » Les femmes, ces êtres habiles.

Peu enclin à me laisser intimider, je gardais l’axe. L’homme est parvenu à domestiquer les flammes, à parcourir les océans et à connaitre ces raisons que la raison ignore. Un cœur vaillant et une plume affutée peuvent donc bien suffire à élucider ce que nous appellerons modestement « l’équation à quatre inconnues ».

« Quatre inconnues », en référence aux quatre publications que voici. J’invite le lecteur à faire preuve de la plus grande attention. Ce n’est que par le biais d’une analyse scrupuleuse et d’un solide sens du discernement, qu’il entreverra en filigranes les sombres desseins de l’Imprimerie Nocturne

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« Vous êtes ici. Mais vous ne savez pas trop pourquoi. Vous avez atterri sur ce site par hasard, ou par les recommandations d’un ami bien intentionné. »

(http://imprimerienocturne.com/avantpropos/).

Ces phrases sont extraites de l’avant-propos du site. Vous remarquez qu’elles rappellent de manière troublante le générique d’introduction de La 4e dimension ou certains épisodes emblématiques de la série Le Prisonnier.

Là aussi, le lecteur pénètre un espace dans lequel il n’a plus aucun repère. Une zone égarée dans la toile, bien à l’abri au milieu des photos de chatons et des dessins de pandas un peu cheap mais néanmoins mignons. S’il y a été introduit, c’est par le biais du « hasard », ou par « les recommandations d’un ami bien intentionné ».

Mais quel est donc cet « ami » dont on nous parle ici, ce personnage mystérieux qui « introduit » le lecteur, comme on intronise la ménagère esseulée qui participe à une réunion tupperware ? Nous le nommerons « Mr X » et nous le soupçonnerons, à titre hypothétique de collusion avec l’industrie pornographique.

En regardant la bannière au bas du site de l’Imprimerie, je découvre cette phrase d‘Ernst Ludwig Kirchner.

« Sont de notre côté, tous ceux qui expriment directement et sincèrement leur élan créateur. »

Peu habitué aux détours de la subtilité, le lecteur moyen parcourt la citation, sans y prêter grande attention. Le journaliste avisé, lui, en comprend vite l’essence ! L’idéologie dominante de l’Imprimerie Nocturne se tient là devant nos yeux, divisant froidement le monde en deux catégories. Si les créateurs, cracheurs de feu, écrivains et autres saltimbanques gagne-misère « sont de notre côté » alors nous autres, respectables braves gens,ne le sommes pas…

Convaincu de toucher le fond, je continuais de creuser.

Et bien m’en prit. Car quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu’au hasard de mes recherches, je tombai de nouveau nez à nez avec ce « Mr X », par le biais d’un article paru le 23 novembre 2011 et intitulé sobrement :

« Enterré sous X, X marks the spot. »

http://imprimerienocturne.com/2011/11/23/enterre-sous-x-x-marks-the-spot/

Passons ici sur l’analyse laborieuse de cet article de faible intérêt et attardons-nous sur ce qu’il nous apprend. Ainsi ce mystérieux patronyme cache en réalité un « collectif de poètes, slameurs et metteurs en texte » (http://imprimerienocturne.com/2013/12/03/enterre-sous-x-nous-fait-mordre-la-poussiere) bref, de ces intermittents du spectacle bouffés par les puces que l’Imprimerie Nocturne tient en haute estime.

Et que lit-on en poursuivant l’article ? Le titre de leur premier opus « X marks the spot » est en réalité une référence à :

« La croix indiquant l’emplacement du butin sur les cartes au trésor. »

Mr X n’était donc pas cet homme aux mœurs dissolues et à l’enfance troublée que je pensais cerner. Cet individu qui, après avoir été tour à tour mac et receleur, avait tissé des liens étroits avec les démons perfides de l’industrie pornographique. Démons qui, en retour, lui avaient assuré luxe, stupre et protection de le mafia. Pour aussi implacable qu’elle me semblait, cette séduisante logique désormais ne tenait plus.

Monsieur X, « l’ami bien intentionné », faisait en réalité référence à un « trésor ». Car, comme nous le savons tous, un X en marque toujours l’emplacement. Toujours.

L’article n’apportait aucun indice sur l’emplacement du dit « trésor », cette hypothétique clé qui m’ouvrirait les portes du message codé de l’Imprimerie Nocturne. Je remarquai cependant que la personne à qui l’on devait cette publication n’était autre que Marie L, grande ordonnatrice du journal ! Je décidai alors de me pencher sur l’ensemble de ses publications.

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Remontant à la source, tel le saumon en fin de vie ou le Néo en fin de course, je m’attardais sur chaque détail pouvant éveiller mes soupçons.

Je ne m’étonnais plus de voir la montagne d’articles consacrés à tel artiste, tel metteur en scène ou tel interprète… Je connaissais maintenant les affinités de l’Imprimerie avec ce genre de personnages. Je remarquais cependant le nombre significatif de publications faites par Marie L. sur le festival des Transmusicales de Rennes, mais n’y prêtais pas plus d’importance qu’au reste de ses articles.

Je craignais de devoir me résoudre à accepter de ne rien comprendre. Avoir la sagesse de me dire que je pouvais interroger les faits, les preuves et les évidences, m’obnubiler autant que je le souhaitais, ces choses n’étaient peut-être – peut-être – que de simples constructions de l’esprit.

Mais un article vint relancer le bien-fondé de mon intuition : Shirley Van Mac Beal

http://imprimerienocturne.com/2011/09/27/shirley-van-mac-beal/

Il s’agit de la seconde publication de Marie L. sur le site de l’Imprimerie Nocturne. Elle y évoque Vincent ou plutôt Shirley Van Mac Beal. Un artiste « transformiste », « personnage mi-homme, mi-femme » comme le décrit l’article. Je m’étonnai de la présence de ce papier et de ce doigt d’honneur adressé à la sauvegarde de nos bonnes mœurs. Puis je me rappelais comme j’avais trouvé curieux cette dizaine d’articles évoquant les « Trans-musicales ».

La piste me semblait bancale, mais je n’en avais pas d’autre. Je m’interrogeai :« Qui sont les êtres transgenres par excellence ? » À part Tintin ? Je vous le donne en mille : les schtroumpfs !

Ces insectes bleutés dont on accusait l’Imprimerie de détenir les coordonnées de leur bidonville champignon (voir article sur la Théorie du complot). Tout concordait parfaitement et expliquait, par là-même, la raison pour laquelle les collaborateurs de l’Imprimerie Nocturne avaient une taille qui n’avoisinait que timidement le 1m70.

Je me sentais effleurer la vérité, caresser la clé de cette équation alambiquée qui m’avait mis à mal, trouver enfin le X qui marque toujours l’emplacement du trésor. J’avais creusé si loin et si profond que je ne pouvais faire marche arrière. Il me fallait comprendre. C’est alors que l’illumination vint à moi, par le biais de cet article :

« Debout l’humanité par Osamu Tezuka »

http://imprimerienocturne.com/2012/07/24/debout-lhumanite-osamu-tezuka/

Peu de gens savent la grande admiration que voue Marie L. à cet auteur japonais. Admiration que l’on comprend mieux à la lecture de ces lignes, qui sonnent soudain comme des avertissements sans frais :

« Le jeune Tenka Taihei (…) va devoir contribuer en donnant son sperme, à un grand projet : celui de créer un troisième genre humain. »

« Ces personnes du troisième sexe, mi-hommes, mi-femmes, vont devenir de la chair à canon aux quatre coins du globe. »

Je pouvais enfin révéler aux yeux du monde, la terrible vérité !

« Marie L, réunissait secrètement une armée de schtroumpfs intermittents du spectacle pouilleux, et comptait s’en servir comme chair à canon pour conquérir tout ou partie de la Bretagne ! »

Quelque chose manquait cependant pour confirmer cette élégante équation. Un élément crucial. Une question simple mais évidente, peut-être trop longtemps mise de côté :

« WTF, man !? Pourquoi cela n’a t-il aucun sens ? »

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